Comprendre › La décompression
La décompression
Cette page explique pourquoi les paliers de décompression existent et ce qui se passe quand une remontée est mal gérée. Elle ne contient aucune table, aucune durée de palier, aucun profil de plongée, même à titre d'exemple. C'est un choix délibéré, expliqué en fin de page.
Ce qui se passe pendant la plongée
Comme l'explique la page sur la physique de la plongée, respirer de l'air sous pression dissout progressivement de l'azote dans le sang et les tissus du corps. Plus la plongée est profonde et plus elle dure longtemps, plus cette quantité d'azote dissous augmente. Ce phénomène est normal et sans danger tant que le plongeur reste immergé.
Ce qui se passe à la remontée
En remontant, la pression environnante diminue, et l'azote dissous doit ressortir du corps par les poumons, comme le gaz d'une bouteille de boisson gazeuse qui pétille quand on la débouche. Si la remontée est progressive, ce gaz s'échappe sans former de bulle problématique. Si la remontée est trop rapide, ou si la quantité de gaz à évacuer est trop importante d'un coup, des bulles peuvent se former à l'intérieur des tissus et des vaisseaux sanguins avant d'avoir pu être éliminées par la respiration.
Un palier de décompression est un arrêt volontaire à une profondeur donnée, pendant la remontée, qui laisse le temps à l'azote dissous de sortir du corps de façon progressive plutôt que brutale. Sur une plongée dont le profil l'exige, ces paliers ne sont pas une précaution facultative : ils font partie intégrante de la remontée.
L'accident de désaturation
Quand des bulles se forment dans le corps malgré une remontée mal gérée, on parle d'accident de désaturation, aussi appelé accident de décompression. Ses conséquences vont de douleurs articulaires à des atteintes neurologiques pouvant engager le pronostic vital, selon la quantité de gaz libérée et l'endroit du corps qu'elle atteint. Les symptômes peuvent apparaître pendant la remontée, juste après la sortie de l'eau, ou plusieurs heures plus tard.
Face à des symptômes évocateurs après une plongée, la conduite reconnue par les organismes de secours en plongée est de mettre la victime sous oxygène pur dès que possible, de prévenir les secours spécialisés, et d'envisager un transfert vers un caisson de recompression. Ce n'est pas un sujet sur lequel improviser : c'est un contenu de formation, encadré par des professionnels, pas une liste à suivre depuis une page web.
Pourquoi ce site ne fournit ni table ni profil
Un profil de décompression valide ne dépend pas seulement de la profondeur et de la durée d'une plongée. Il dépend aussi des plongées précédentes du même jour ou des jours précédents, de la vitesse de remontée réellement respectée, de l'effort fourni sous l'eau, de la température de l'eau, du mélange respiré, et de facteurs propres à chaque personne. Donner un exemple de table ou de durée de palier sur cette page, même présenté comme purement pédagogique, créerait un risque réel qu'un lecteur l'applique tel quel à une situation différente de celle pour laquelle il a été écrit.
Calculer un profil de décompression est le rôle d'un ordinateur de plongée correctement configuré, qui mesure en continu la profondeur et le temps réels de la plongée, ou celui d'une table physique utilisée selon une méthode apprise en formation. Ce rôle n'est pas celui d'une page de vulgarisation, qui ne connaît ni les plongées précédentes du lecteur, ni son matériel, ni les conditions du jour.
C'est pourquoi la planification de la décompression reste entièrement du ressort de l'ordinateur du plongeur, de sa formation initiale et continue, et de l'encadrement de son club ou de son centre de plongée. La page sur les niveaux et brevets explique comment cette formation est structurée.
Sources : DAN Europe (Divers Alert Network), FFESSM, commission médicale et technique nationale.